Compte-rendu Atelier N° 6
DISCUSSION :
L'approche du texte concernant la "conception du projet" est me semble-t-il à l'inverse de ce qu'il nous faut aujourd'hui. La crédibilité du parti ne peut pas venir de la cohérence d'un projet utopique même s'il est présenté de manière réaliste : personne n'y croira a priori, pas plus que le peuple nous a cru depuis des décennies et ne cesse de nous le dire.
Le pouvoir en place détient tous les leviers pour transformer la société française en cassant, avec l'appui de l'Europe et des organisations internationales (OMC et FMI), la société construite au lendemain de la guerre. Vouloir l'attaquer globalement, en le poussant à la démission, c'est soit s'en remettre à l'élection présidentielle de 2012, soit être sûrs d'une défaite de Grand soir. Face à l'attaque frontale contre le service public et la solidarité nationale nous devons mener des « luttes de guérilla » en tenant compte de nos forces réelles mais réduites, à tous les niveaux : les gens se mobilisent spontanément pour défendre hôpitaux, écoles, perceptions !, gares, transports publics sans oublier la solidarité par les retraites et la sécurité sociale. Le projet du parti est là, dans toutes ces luttes. Pour les rassembler, en montrer la logique concrète.
Car comment ne pas voir, que dans le mouvement réel de transformation de la société capitaliste, la France d'aujourd'hui contient encore des pans entiers de solidarité collective garantie par l'état et un secteur public, ou des traces vivaces de celui-ci. Les solidarités collectives (assumées pour l'essentiel par le salaire socialisé des salariés) et les services publics sont des éléments stratégiques de communisme réel (de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins) dans le réel de notre société, même s'ils ne sont pas perçus comme tels par notre peuple, malheureusement nous en sommes en partie responsables. Nous n'avons pas besoin d'aller ailleurs pour chercher des modèles et des solutions : développons les services publics pour gérer les biens communs (énergie, eau, emplois, logement, transport sans parler de la santé, de la culture et de l'école, etc.) et élargissons la solidarité. Nous réduirons d'autant et concrètement la puissance du capitalisme, surtout si nous accompagnons cela d'une transformation démocratique réelle des services publics et si nous revenons à une gestion positive des organismes de solidarité par les salariés, sans les patrons qui n'ont rien à y faire.
Notre projet c'est bien le dépassement du capitalisme et l'émancipation humaine et pour cela nous devons défendre et développer les services publics et la solidarité collective, partout, à tous les niveaux (du quartier au niveau mondial) en utilisant toutes les crises en cours et en cherchant des satisfactions immédiates et concrètes aux besoins exprimés par nos concitoyens. Alors le parti aura crédibilité et représentativité. Notre communication pourra être audible et du rassemblement se faire, non pas autour du parti mais d'un objectif commun défendu par bien d'autres que le parti.
Je retrouve enfin l’ambition du PC de transformer la société, il faut simplement reficeler un projet qui doit nous faire rêver (j’ai besoin d’utopie !!!). L’objectif ne doit pas être de construire un projet communiste avec des étapes préétablies mais il faut partager les richesses de notre société et du monde dans l’intérêt des hommes et des femmes. Il ne faut pas laisser au seul BESANCENOT le soin d’avoir un projet alternatif à notre société ? Il faut proposer des lois cadres qui donnent des possibles pour réduire les inégalités dans le sens qui est donné actuellement dans certains textes par les députés communistes à l’Assemblée Nationale.
Quelle conception doit-on avoir du projet ? Le projet doit être élaboré au sein du parti en suggérant des perspectives, susciter ensuite le débat avant de réaliser un compromis avec les autres forces de gauche. Le projet peut s’inscrire à court terme (sur une législature). Ce catalogue de propositions doit répondre aux attentes immédiates mais il doit suivre le fil d’objectifs plus lointains. Ensuite il faut le faire vivre en se l’appropriant. Puis il doit trouver les concrétisations cohérentes dans nos propositions aux élections.
Il ne faut pas confondre projets et propositions. Le projet doit dessiner les contours de la société. Quels leviers peut-on y donner ? Comment mener de pair par exemple protection sociale et sécurité sociale. A partir de là, quel peut être un progrès social au 21ème siècle ? A quoi cela doit servir dans notre société ? Il s’agit de donner alors un sens à des propositions sans visée plus obscure comme c’est le cas aujourd’hui. Ne faudrait-il pas nous aussi donner du sens réel à nos propositions. Et à partir de là il faut rejoindre les autres forces de gauche pour devenir majoritaire y compris dans les luttes.
Il ne faut pas se priver de la parole à travers les formes d’organisation, le communisme, …
Le fondamental c’est de travailler ensemble pour faire avancer nos idées. La forme de socialisme actuelle est un échec. On a trompé les gens par rapport à notre histoire. Il s’agit de ne pas recommencer ce qui a échoué. Il faut nécessairement un parti pour élaborer ce projet avec le mouvement populaire.
Notre projet a besoin de cohérence, la spontanéité ne doit pas être une stratégie d’opportunisme. Sur le contenu on se retrouve avec les autres forces de gauche (à 90 %). La conception nécessite de retravailler des idées sur lesquelles l’opportunisme nous a parfois amené a des positions floues (sécurité, identités, …). Les projets à gauche manquent de modernité par exemple au niveau des institutions. Il faut nous adapter par rapport au stade où en sont les gens en France mais aussi en Europe et dans le Monde. Il faut retravailler les rapports public/privé. Notre campagne « sécurité, emploi, formation » a été une réussite pour passer de la formation à l’emploi sans passer par la case chômage, il faut utiliser ces stratégies dans d’autres domaines. La démocratie doit être aussi un élément important de faire vivre l’élaboration et la vie du projet. Il faut aussi ne pas hésiter à revenir à des éléments fondamentaux de notre conception marxiste qui reste toujours d’actualité.
Les forces de gauche n’ont pas de projet est dit dans le texte. Pourquoi en sommes nous dans telle situation ? Pourquoi le PCF n’a-t-il pas de projet cohérent, lisible ?
Le communisme n’est pas un idéal pour la société mais c’est un mouvement réel. Rappel de la visée lors du précédent congrès « Le communisme est le moteur des conquêtes sociales, du féminisme, de l’antiracisme, … ». Dans tous les domaines nous avions la solution mais dans le fond « ça ne mangeait pas de pain ». Le projet politique c’est avant tout un rassemblement majoritaire. Quelle doit être la contribution du PC au projet politique de gauche ? Quelle doit être la position des élus communistes dans les majorités de gauche?
Il y a peut-être une confusion projet politique et projet de société ?
Il y a des valeurs que l’on met pas assez en valeur : services publics, paix, solidarité, …
La bataille politique affichée doit côtoyés les batailles syndicales. La formation doit être un élément à prévoir. Comment envisager la communication entre les adhérents, avec les élus.
Le développement durable ne peut pas être simplement un argument de campagne électorale. Il faut s’appuyer sur la diversité des communistes pour étudier tous les domaines de la vie sociale et ne pas être seulement le faire valoir du PS. Revoir aussi le logo ?
La droite nous montre l’exemple depuis 2002 et elle accélère simplement depuis un an. Il ne restera rien des acquis de nos avancées sociales spécifiques à notre histoire à la fin du mandat de SARKOSY. Il démolit tout donc il faut réaffirmer nos fondamentaux. Nous ne devons pas employer les mêmes moyens et les mêmes maux que ceux qui ont conduit aux échecs précédents. La stratégie actuelle de la droite c’est d’opposer les gens de manière systématique (actif/retraité, public/privé, …). Peut-on concevoir un projet communiste de manière formelle ? Alors que le monde va si vite et que tout change. Attention aux mots qui symbolisent parfois trop des idéaux lointains, le capitalisme lui fait des ravages permanents, il faut partir des réalités du terrain. La bataille médiatique est perdue depuis longtemps, il ne faut pas croire aux miracles dans ce domaine, il faut compter sur nos propres potentialités et se battre simplement contre les éléments sensibles de la société qui se met en place.
Le service public cela signifie les biens communs à partager à tous les niveaux : pétrole, eau, électricité, … donner à chacun selon ses besoins et ses moyens. C’est un projet politique, depuis 1944, avec des réalisations qui montrent le bien fondé du service public. Tout les pays du monde nous envient ces acquis. Satisfaction immédiate et concrète : « la poste ne doit pas fermer », c’est un but à immédiateté. Il y a de lieux où nous sommes en opposition frontale.
La conception du projet doit être clarifier à partir des évolutions intervenues dans le monde et dans notre société : il y a 40 ans le type de construction de logements correspondaient à un besoin social, permettre aux hommes et aux femmes d’être ensemble de partager des moments divers de luttes mais aussi de convivialité à travers le monde associatif sportif, culturel, ou simplement pour faire des choses ensemble. Aujourd’hui par exemple l’habitat se réduit parfois trop à l’individualisme qui résume l’individualisation de la société depuis les années 80/90. Cela signifie qu’il faut recréer le lien social à travers les difficultés des uns ou des autres, en ce sens je rejoins la préoccupation exprimée au début de la réunion mais elle doit se rattacher à un contenu idéologique et s’ouvrir vers d’autres perspectives et projets de société. Rejoindre les autres pour lutter ensemble, c’est à travers les préoccupations des gens qu’il faut formaliser le type de société qui a notre préférence. Ainsi les problématiques liées au fonctionnement des institutions dans lesquelles en particulier nous sommes partie prenante des majorités doivent faire l’objet de débats, d’échanges dans le parti puis avec nos partenaires. Les positions du Parti et des Elus peuvent diverger mais le dialogue me paraît une nécessité pour redonner les conditions de l’activité militante collective et individuelle et pas seulement en période électorale.
Il faut reformer, améliorer les services publics et leur gouvernance. Immigration : liberté d’installation et d’intégration mais il faut réfléchir sur un point de vue politique avec l’assentiment des gens. Ce sont des choses à discuter.
Je rêve d’un monde en paix, sans prostitution, avec un travail pour tous, sans femmes battues,… La cohérence de la vision du monde doit nous donner plus d’arguments pour être ensemble. Le RMI ou la petite enfance au CG30 actuellement doivent donner les raisons d’un débat au sein du parti et d’un type de société que nous souhaitons. SARKOSY prend des mesures pour des raisons financières, ce n’est pas obligatoirement avec des finalités politiques mais il en a besoin pour donner toujours aux mêmes.
SYNTHESE :
Il y a des divergences importantes sur les contenus du texte et des analyses différentes sur la conception du projet qui apparaissent dans la discussion. Elles utilisent les unes et les autres des concepts qui s’interpénètrent dans leurs formulations même si d’évidence, le passé et les expériences tentées ou proposées ne doivent surtout pas être à nouveau proposés et formulés.
Ainsi certaines idées forces apparaissent :
ð rassembler, partager, exister, …
ð être au plus près des gens et de l’action
ð avoir sans cesse une référence à des fondamentaux qu’il s’agira de définir
ð attention aux grands principes sans cohérence avec la réalité
ð l’analyse réelle de la société actuelle doit être une référence
ð la référence à une organisation ayant des projets en lien avec le vécu des gens
ð la visibilité et la crédibilité de nos idées doivent être une préoccupation
ð le projet doit être sans cesse en mouvement au fil de l’actualité sans étapes préétablies
ð différenciées projet et propositions
ð il doit exister un lien permanent entre l’action de nos élus et le projet élaboré
ð …
Il s’agit aussi de donner la parole aux communistes puis d’élargir à ceux qui partagent nos combats. La démocratie participative doit être un souci permanent : libérer la parole dans des échanges constructifs pour améliorer à la fois les conditions immédiates des gens en référence aux difficultés quotidiennes mais aussi pour imaginer avec d’autres la société que nous souhaitons construire ensemble sur des valeurs de progrès pour les hommes et les femmes de demain.