Contribution de Marc Almeras après le 34ème congrès
Section de Nîmes du PCF
Le 34ème congrès du PCF, a été, avant, pendant et j’espère après, un grand bouillonnement d’idées, d’interrogations, de réflexions et de propositions.
Pour ma part, j’ai trouvé dans le texte final, un certain nombre de positions très intéressantes qui résultent d’un esprit et de valeurs communistes telles qu’on peut le souhaiter.
La première à mes yeux a été de maintenir l’identité du PCF en tant que telle. Il fallait l’affirmer, c’est fait, je pense que c’est bien.
Mais aussi, enfin une phrase qui reconnaît la valeur et le travail bien fait des communistes du 20ème siècle, notamment ceux du Conseil National de la Résistance. J’ajouterais qu’il n’y a pas eu que ceux là, j’ai vu toute ma vie des militants du 20ème siècle, les communistes français défendre les valeurs de la République : « Liberté, Egalité, Fraternité », et j’y ajoute « Solidarité ». Alors quand, pendant des décennies ils ont été ignorés, mis de côté et accusés, cela ne correspond pas à l’esprit des valeurs du communisme, qu’il soit de la fin du 20ème siècle ou début du 21ème siècle.
Cette phrase, donc, est un premier pas, elle en appelle beaucoup d’autres, jusqu’à la réhabilitation du communisme français et des communistes du 20ème siècle. D’autant qu’une autre phrase qui critique le communisme de l’ex bloc soviétique est propre, elle critique effectivement, elle ne crache pas dans la soupe, ni ne hurlent avec les loups, comme cela a été souvent le cas. Ce rappel me permet de dire aussi que ce PCF du 20ème siècle avait pris ses distances avec le communisme des pays de l’Est : ils avaient élaboré un projet qui s’intitulait « le socialisme à la française », donc les intégrer et les identifier au modèle soviétique ne correspondait pas. Donc je note que le texte prend en compte certaines réalités du passé pour préparer l’avenir, non négligeable. Je trouve une évolution qu’il faudra encore continuer, en approfondissant.
Je note aussi dans le texte, que bien avant que l’on parle de transformation du PCF, je pense pour ma part le terme impropre. Transformer cela veut dire modifier. Je ne pense pas que le PCF puisse être modifié. Je pencherais plutôt qu’il doit évoluer et s’adapter à l’époque où nous vivons et qui a beaucoup évoluée. Alors un PCF adapté et évolué. Oui, car même si tout change rapidement, certains principes restent, il n’y a qu’à voir sur l’exploitation du monde du travail par le capital, pour le comprendre.
A mon avis la révolution des sciences et des techniques, la révolution informationnelle, la nanotechnologie, sont des nouveaux moyens d’exploitation du Capital, il ne faudrait pas substituer l’évolution des sciences à la lutte des classes.
Comme je l’ai écrit dans mon intervention au 34ème congrès : lutte des classes n’est pas d’antan, contemporain ou à venir. Elle doit être adaptée au moment présent, au moment T. Donc, comme le PCF, la lutte des classes doit s’adapter à ces nouvelles techniques et non pas le contraire.
Une autre avancée importante, c’est un nombre plus conséquent des représentants du monde du travail dans la Direction Nationale, cela correspond mieux à la réalité communiste. Là aussi, c’est un pas formidable et il faudra aller encore plus loin. De même qu’il serait souhaitable que le monde rural soit mieux représenté. Le communisme du 21ème siècle gagnerait en crédibilité, car les représentants, sous représentés, de ceux qui créent les richesses et ceux qui produisent la nourriture paraît un non sens révolutionnaire.
Donc d’importantes modifications au sein de la direction nationale qui vont dans la bonne direction. Il serait peut-être bon de réfléchir à la proposition d’un nouveau Secrétaire National, puisque Marie-George souhaite quitter ses fonctions à mi-mandat. A mon sens, un représentant du monde du travail serait bien vu et nécessaire dans cette société capitaliste où ce monde là est surexploité à outrance et à qui on veut faire payer en plus la crise dont ils ne sont pas responsables. Des militants compétents existent qui ont l’étoffe de Secrétaire National.
Par rapport à la crise, je dirai que les explications de l’analyse faite dans le texte sont très pointues et très claires, malgré quelques mots difficiles à interpréter pour des non initiés. Là aussi, il faudra simplifier si l’on veut gagner les citoyens « lambda » pour la combattre. Mais les propositions faites sont très pertinentes et pleines d’espoir, si elles sont appliquées par tous.
Donc, un texte bien dans l’air du temps, plein d’évolutions et de propositions pour changer la donne, d’autant plus que des positions sont prises pour l’éducation et la formation des communistes, à tous les niveaux. Ceci est signe d’espoir, car un communiste bien éduqué et bien formé, c’est un militant bien assuré pour résister et s’opposer au chant des sirènes du capitalisme.
Donc un texte prometteur, plein de propositions pour sortir de la crise, mais aussi et surtout où l’émancipation de l’être humain est la priorité par rapport à l’argent roi. A mon avis encore à ces paragraphes de l’émancipation humaine et celle de la jeunesse, n’apparaît à aucun moment le mot « sport ». Complètement oublié ? Pourtant, on aurait pu penser qu’avec notre Secrétaire Générale, ancienne ministre des sports, compétente (surtout pour le haut niveau), ce secteur là ne soit pas pris en compte pour l’émancipation humaine. Oubli ? Je pense, car dans cette période où le capital supprime le CREPS, veut supprimer des centres de formations, où le capital veut diminuer les gros salaires sans diminuer leurs profits, nous avons des choses à dire je crois. De même qu’il nous faut faire des propositions pour le sport de masse, le sport d’entreprise, le sport loisir. Pour enfoncer le clou, les communistes du 20ème siècle, en étroite collaboration avec le monde du travail, avaient créé la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail), fédération qui englobait sports de compétition et sports loisir pour tous.
Est-ce que le communisme du 21ème siècle ne ferait pas sien le vieil adage : « un esprit sain dans un corps sain ». Je ne crois pas et je propose qu’on y réfléchisse et que l’on corrige ce manquement.