
Par Jean Paul Boré
Vice-président de la région Languedoc-Roussillon
Membre du Comité des Régions d’Europe
Nicolas Sarkozy est venu à Nîmes en confondant ses fonctions de chef de l’Etat et de parti.
Le lieu n’est pas étonnant quand on sait qu’avec ses amis Fournier/Lachaud/Proust, ils
fusionnent idéologiquement.
On retiendra qu’il vient d’enfourcher à nouveau le vélo du populisme en évitant
soigneusement de traiter les raisons de la déception de plus de 65% de nos concitoyens, selon
les sondages, après ses deux ans de présidence.
Un coup un discours sécuritaire, un coup un discours sur la baisse des impôts, crédo de
l’extrême droite qui rêve d’en finir avec les prélèvements obligatoires nécessaires au service
public. On suit ainsi la logique de la réduction des budgets à l’hôpital, dans la santé, la
recherche, l’éducation…Et un coup sur la peur de l’autre. C’est le cas avec le chiffon rouge
turc agité comme pour dire aux électeurs du FN : « Vous voyez, je suis d’accord avec vous »
Comment se prétendre européen en parlant de frontières ? C’est le monde à l’envers. Après
nous avoir donné des leçons sur l’élargissement de l’Europe, sur l’Union pour la
Méditerranée, voici que pour des raisons purement politiciennes la droite est prête à renier les
fondements même de notre pays.
Le Général de Gaulle prônant l’Europe de l’Atlantique l’Europe à l’Oural doit se
retourner dans sa tombe.
Tout cela pour masquer la réalité d’une politique désastreuse responsable d’une crise dont
nous ne percevons pas toutes ses conséquences.
Quel crédit donner dans ces conditions à cet entêtement de voir dans le traité de Lisbonne LA
solution à tous nos maux ?
Le traité de Lisbonne est caduc de fait.
D’abord parce que des peuples en Europe comme l’Irlande, des dirigeants comme en Pologne
ou en République Tchèque ou encore en Allemagne le refusent. Mais plus encore, il est
totalement dépassé au regard des réponses à apporter à la crise qui met au jour la faillite du
système capitaliste.
Le bon sens est du coté de la plateforme syndicale adoptée par huit organisations qui prend le
contre pied d’un système de gestion devenu fou et qu’il est urgent de dépasser. La force de ce
mouvement social réside dans le contenu transformateur de cette plateforme et dans son unité.
Il doit être entendu.
Le bon sens c’est de reconnaître une bonne fois pour toute que la libre concurrence libre et
non faussée conduit la planète entière au désastre. Que la concurrence entre les peuples est un
poison mortel qui continue à être la vraie cause de toutes les guerres.
Le moment est de replacer les valeurs humaines au centre de toutes les décisions.
Ce n’est pas vers le bas que les droits sociaux, services publics, droits de l’Homme en
Europe doivent s’harmoniser mais vers le haut.
Ayons l’audace d’affronter toutes les idées reçues selon lesquelles il n’est pas possible de
mieux vivre pour des dizaines de millions de nos concitoyens européens au nom de la
compétitivité.
La cause du désastre provient précisément du modèle social européen actuel. Il y a bien
une crise de légitimité de ce modèle.
C’est celui que défendent Nicolas Sarkozy ou le Modem de François Bayrou, ou encore à
gauche où certains, tant au PS que chez les Verts qui ne voient d’avenir hors du traité de
Lisbonne. En témoigne leur positon au Comité des Régions d’Europe où l’on tente de faire
comme si ce traité n’était qu’une simple formalité. On ne dit mot, quand on ne s’en réjouit
pas, que des milliards soient subitement trouvés pour sauver les banques mais on se refuse à
envisager de changer d’une once les règles de gestion.
Voilà pourquoi il faut secouer le cocotier le 7 juin prochain et ne pas s’éparpiller.
Oui il faut construire autre chose à gauche qui affirme que la porte n’est pas à droite, mais qui
s’inscrive dans une volonté affichée de rassemblement à gauche pour l’avenir en envisageant
de participer aux commandes à tous les échelons de la société. Mettre des préalables à cela
serait désespérant pour celles et ceux qui luttent, celles et ceux qui souffrent de la politique
actuelle.
Les listes Front de Gauche constituées sur proposition du Parti Communiste Français
s’inscrivent dans une autre perspective, celle du rassemblement de toute la gauche pour
l’avenir afin de contribuer à donner des prolongements indispensables au mouvement
populaire qui grandit dans notre pays.
Jean Paul Boré
Le 6 mai 2009