Section de Nîmes PCF
Compte rendu de l'atelier N° 5 « Quel Communisme ?»
Rencontre du mercredi 11 juin 2008
20 participants, 1 excusé : ASSENAT Gérard, ASSENAT Yvette, BASTID Christian,
BERARD Jean-Claude, BERRUS Marc, BORE Jean-Paul, CARLES Daniel, DELPUECH
Jean, DUPRE Simone, HUARD Raymond, JOSEPH Serge, MARTINEZ Gérard,
MAZAURIC Claude, MONS Jean-Louis, NIETO Didier, RODI Michel, SEGUIN Pascale,
TRUDDAIU Pietro, VANEL Régis, YECHE Marie-Claire.
Une introduction succincte rappelle que l'importance du contenu de cet atelier pour la
préparation du 34ème congrès aux regards des enjeux de la période pour les Communistes
Français et leur parti.
Les textes mis en débat confirment tout à la fois les questionnements des adhérents du parti et
l'intérêt qu'ils portent sur cette question fondamentale.
Il paraît donc impératif de prendre le temps nécessaire qu'implique la connaissance des textes
mis en débat et des travaux ou interventions sur ce thème provenant de divers auteurs.
Un dossier contenant diverses interventions et le texte de l'atelier est remis aux participants.
Les participants sont d'accord avec la proposition de plusieurs rencontres.
La discussion
Le texte de Lucien Sève permet de bien repérer les termes du débat actuel.
Ce que nous pensions être juste : "le communisme allait arriver sous peu" et notamment sur le
socialisme comme étape incontournable vers le communisme, s'est avéré faux. L'échec des
pays dits socialistes qui se réclamaient comme nous de cette théorie en atteste.
Au delà des questionnements sur le communisme, il nous faut construire des réponses qui
permettront un positionnement au 34e congrès.
Notre travail d'aujourd'hui dépasse l'échec du socialisme réel qui cependant plombe en
grande partie notre réflexion, notre image dans le pays.
Le communisme, seule alternative au capitalisme, se construit dès maintenant. Par exemple
dans la lutte pour les services publics.
Une des questions majeures du communisme est la paix qui en soulève bien d'autres avec en
premier le désarmement (traité de non-prolifération nucléaire, position par rapport aux divers
pays, qui a le droit de posséder des armes). Il faut aller au bout de la question du désarmement
(cf. les analyses du Mouvement de la paix.), l'industrie de l'armement française accompagne
la mondialisation et prolonge la domination colonialiste...
Nous sommes collectivement responsables sans hiérarchie entre nous du contenu à donner au
communisme. Les réponses ne peuvent découler seulement de la réflexion de quelques uns,
fussent-ils des dirigeants.
Le texte proposé par la direction nationale est trop négatif. Il reste beaucoup trop sur la
contrition ne permettant de voir aucune issue. Les éléments positifs du communisme ne s'y
trouve pas vraiment posés et questionnés.
Ce qui est en crise, est l'image du communisme en tant que modèle de société idéale à créer.
Le communisme comme mouvement réel de l'abolition des choses actuelles est
insuffisamment compris dans ses conséquences pratiques et théoriques.
On devrait pouvoir dire des choses plus concrètes sur l'émancipation humaine et le
dépassement du capitalisme. Il s'est passé des choses depuis 150 ans dans le processus
communiste, il faut l'analyser tout entier dans ses contradictions dialectiques. On ne peut
parler d'échec du communisme mais plutôt d'un affrontement avec le capitalisme qui
l'emporte idéologiquement dans cette phase actuelle. La création de la Trilatérale chargée
d'élaborer des idées opposées au progrès naissant d'après guerre n'est pas étrangère à cela. La
création de toute pièce avec le financement de la CIA de FO en 1947 a contribué à la division
des salariés. La manière dont sont combattues les avancées du CNR par les grands idéologues
du patronat témoigne aussi des avancées de notre pays après guerre même s'il faut savoir
raison garder et ne pas voir du communisme partout.
Ne pas faire l'économie de ce que nous avons apporté depuis les découvertes de Marx. Les
coopératives, le mouvement mutualiste, les services publics (municipaux ou nationaux)sont
autant d'avancées qui découlent de cet engagement.
La question est de savoir si une force se réclamant du communisme existera au delà du
congrès.
Proposition est faite d'une discussion sur la question du dépassement du capitalisme à partir
de la phase de Marx mal traduite durant des décennies : « Une formation sociale ne disparaît
jamais avant que ne soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large
pour contenir, jamais des rapports de productions nouveaux et supérieurs ne s'y substitueront
avant que les conditions matérielles d'existence de ces rapports soient écloses dans le sein
même de la vieille société. C'est pourquoi, l'Humanité ne se propose jamais que des tâches
qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que la tâche ellemême
ne surgit que là où les conditions matérielles pour la résoudre existent déjà ou du
moins sont en voie de devenir. »
De même la discussion met en lumière une autre phrase inversée de Marx s'agissant de
l'individu et du collectif contenu dans le Manifeste du parti communiste : « le libre
développement de tous est la condition du libre développement de chacun » alors que Marx et
Engels écrivent : « A la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses
antagonistes de classes, surgit une association dans laquelle le libre développement de
chacun est la condition du libre développement de tous »
Deux questions nous sont posées :
1/ la constitutioon d'un parti, formation politique faisant référence au communisme ou courant
dans un parti plus large ?
2/ un débat toujours présent sur la différence entre socialisme et communisme ?
Si le communisme pour la population en général est un désastre..., le communisme est pour
nous une sociologie (quels adhérents), un patrimoine (biens concrets, des locaux, des
journaux, ou symboliques), des pratiques d'organisation et de luttes reprises par d'autres
d'ailleurs. Si on renonce à un parti comment garder tout cela ? Il y a un côté symbolique qui
fonde les consciences. Si le communisme est aussi cela, alors il faut préserver l'essentiel.
De ce point de vue comme pour le reste, le texte national pose très mal les choses car les
questions inscrites amènent de fait à une conclusion.
Le bilan contradictoire des pays dits socialistes est à faire pour cesser d'apporter des réponses
unilatérales et en dehors des pressions politiques conjoncturelles.
Les débats des rencontres en cours sont forts intéressants. Les communistes réfléchissent au
mariage entre le social et l'environnemental, ce qui est nouveau et porteur d'avenir.
Malheureusement, la qualité de nos tracts nationaux ne bénéficie pas de ces avancées.
La forme politique du PCF apparaît relever du passé alors que ce qui s'élabore chez les
militants est énorme. La matrice 1920 est en cause au delà du contenu du communisme.
Le communisme ne concerne pas que les communistes mais toute la société. Ni un modèle ni
un idéal, nous devons le définir comme le mouvement qui, maintenant, abolit les formes
d'aliénation.
Le communisme, contrairement aux définitions du dictionnaire et de l'enseignement
universitaire n'est pas qu'un système économique défendant la propriété collective. Il est
aussi un humanisme qu'il faut développer justement parce que pour l'opinion en général, il
n'a pas porté la preuve qu'il était un humanisme. Ce n'est donc pas une tautologie que
d'ajouter le terme humanisme pour affirmer notre volonté de placer l'homme au centre de
toute décision.
Proposition est faite d'une discussion sur cette question.
Les adhérents dans nos quartiers n'adhèrent pas à un idéal mais souhaitent voir leur vie
s'améliorer. Cela nous questionne sur l'articulation entre la visée et nos responsabilités à
chaque moment, élections comprises.
Le terme de communisme est à dédramatiser. Le choix de ce terme en 1920 n'était pas acquis
et avait un caractère occasionnel. Les autres partis à l'époque portent diversement
l'appellation de socialisme et pour s'en démarquer, Lénine désigne le sien par communiste.
D'autres partis de pays dits socialistes visant le communisme n'avaient par pour nom
« communiste ». En RDA, c'était le SED. La gauche européenne, qui vient de fonder son parti
dans lequel nous sommes désormais, comporte des partis qui ne se réfèrent pas à cette
appellation. Il est vraisemblable de ce point de vue que le Parti de la Gauche Européenne
prendra de plus en plus de place dans le futur.
En revanche, le véritable problème, est la réalisation d'une force qui comprendrait le PCF et
d'autres, car précisément en l'état, le PCF y serait représenté de manière écrasante.
Les expériences italienne et espagnole doivent nous inciter à la prudence d'aller vers ce type
de proposition qui a vu la quasi disparition du parti communiste, tant en Italie où le parti avait
pris cette décision avec 20% des voix et en Espagne dans d'autres conditions moins
favorables.
Le choix du nom dépasse donc la question du contenu. Il faut désacraliser notre débat.
Quel communisme ? Le titre du texte est ambigu.
Ne pas rester enfermé dans la phrase de Marx sur l'individu et le collectif.
Besoin cependant d'un idéal devant les problèmes du monde : la pauvreté. Elle ne pourra être
résolue par le système capitaliste. L'altermondialisme et l'anticapitalisme ne suffisent pas non
plus. Attention pas d'illusion, les communistes même avec d'autres dans une force nouvelle
seraient toujours des ex-communistes !
Besoin aussi d'un parti révolutionnaire en relation avec les traditions politiques françaises se
détachant de la matrice léniniste.
Besoin d'un congrès fondateur permettant de poser les questions du communisme, du parti, de
ses relations avec la société.
La lutte politique ne se réduit pas à la prise du pouvoir. Comment s'inscrit-on dans le
mouvement social ?
Il manque des mots clés dans le texte : coopération, coopérative, mutualisme, mettre en
commun. Comment parler de communisme sans cela ?
Le débat entre Jaurès et Guesde est important car alors qu'en 1920 nous avons penché en
faveur de Guesde, à plusieurs reprises, nous avons concrètement adopté les positions de
Jaurès en participant ou en soutenant une majorité ; 36, 45, 81, 97.
Une question à traiter : comment s'est constitué le communisme contemporain en France ?
Le communisme n'est pas ringard et nous avons des valeurs à défendre. Il nous faut avoir des
actions fortes.
Ne pas abandonner le PCF dans un conglomérat où nous perdrions tout notre héritage.
Le communisme est un mouvement, c'est viser la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, la fin du capitalisme, pour une société solidaire et écologique.
Prochaine rencontre mercredi 25 juin 18 h au cercle de l'avenir