On pourrait présenter notre rencontre comme un scénario de film intitulé
« Nîmes, ensemble et
autrement »
1 - Première Séquence
Nîmes aujourd'hui, une ville sans élan et sans dynamisme
Depuis dix ans, depuis l'élection de l'équipe municipale actuelle, comme toutes les villes, Nîmes a changé. On a ouvert des chantiers, avec plus ou moins de bonheur, comme le TCSP ou AEF.
Dans un cas, avec le TCSP, on a une ligne de bus sur un trajet ignorant la Gare, le CHU, les lycées et la population des grands quartiers.
Dans l'autre, avec AEF, on va inaugurer une avenue Feuchères rénovée, conduisant à une gare qui sera désertée au profit de Manduel.
Nîmes est coupée en deux et les commerces de l'Ecusson voués à disparaître, avec l'interdiction de circulation autour de l'Esplanade.
Nous avons ici trois contre-exemples de ce que peut être un aménagement urbain au XXIème siècle, un aménagement qui serait bien pensé, pour les habitants et soucieux des deniers publics.
Ce n'est plus l'UMP qui règne à la mairie mais c'est UBU et sa célèbre pompe à phynance.
Le TCSP, AEF, ou le boulevard Jean Jaurès vitrifié ont-ils amélioré la vie des nîmois et la qualité de notre environnement ? Ont-ils permis de faire une ville équilibrée, solidaire ?
Vit-on mieux à Nîmes depuis que la droite monopolise la mairie ?
Les chiffres répondent d'eux-mêmes : 50% des ménages gagnent moins de 1500 euros par mois, et le taux de chômage demeure obstinément à deux chiffres : 13% et beaucoup plus au Chemin-Bas-d'Avignon ou à Valdegour.
Sur 41 grandes villes, Nîmes est deuxième pour la cherté de la taxe d'habitation, et figure toujours parmi les dix villes les plus endettées de France.
2 - Deuxième Séquence
2013, inventons une ville ensemble et autrement
Sans doute avez-vous été destinataire comme moi du couteux message téléphoné d'autosatisfaction de M le sénateur- maire et avez-vous vu les affiches qui proclament que la ville est « plus belle et plus facile ».
Eh bien, nous le disons avec tous ceux qui paient des impôts locaux toujours trop élevés pour un service public médiocre ;
nous le disons avec les habitants des grands ensembles délaissés,
nous le disons avec les automobilistes qui surfent sur une voirie dégradée,
nous le disons avec les chômeurs et ménages à bas salaires qui subissent une ville toujours plus chère, faite pour les promoteurs immobiliers,
nous le disons avec les victimes de l'insécurité que ne rassurent pas les 200 caméras de vidéo surveillance,
nous le disons avec les seniors pour lesquels Nîmes est en queue de peloton des villes où il fait bon vivre,
nous le disons surtout avec les jeunes contraints de partir pour trouver un emploi, malgré les jeux des arènes et les rythmes de Paloma : non, Nîmes ne tourne pas rond.
Il faut inventer ensemble une autre manière de faire notre ville, de faire la ville.
Ensemble car aujourd'hui c'est un petit clan d'affairistes qui décide de tout pour 140 000 nîmois, sans concertation, sans dialogue, sans démocratie.
Autrement, car notre ville décroche par rapport à ses voisines, plus attractives, plus dynamiques, en Languedoc-Roussillon ou en PACA.
Il faut qu'on le sache et qu'on le dise à haute voix : entre 2006 et 2010, Nîmes perd plus de 1800 habitants (source INSEE), dans une région en croissance. Ce n'est pas un bon signe à l'heure où les indicateurs économiques sont au rouge.
Pour passer au vert, imaginons avec nos partenaires, avec le Conseil général et le Conseil régional, un projet de ville active – l'emploi doit être la priorité,
un projet de ville coopérative – le pôle métropolitain Nîmes-Alès dirigé par la président et le secrétaire départemental de l'UMP doit être autre chose qu'une machine de guerre contre l'autonomie communale et un moyen de concurrencer la prééminence de la capitale régionale,
un projet de ville équilibré – revitaliser le centre ville n'est pas contradictoire avec l'aménagement culturel, social, de l'ensemble de l'agglomération et de chacun de ses quartiers,
un projet de ville durable et conviviale – où le béton cesse d'être roi, où les atouts de notre identité sont valorisés. En un mot, un projet de ville pour tous.
3 - Troisième séquence
2014 doit être l'année d'une révolution citoyenne à Nîmes
Il ne suffit pas que chacun, à gauche, proclame ses ambitions ou mette en avant son ego. Il ne suffit pas de dire qu'une gauche désunie irait à la défaite.
Il faut changer de démarche et de discours, il faut réellement s'unir, discuter ensemble et d'abord avec nos concitoyens d'un projet pour 2014. Jean-Paul Fournier l'a annoncé : la droite veut faire des élections municipales un moment de reconquête après les défaites des présidentielles et des législatives.
A Nîmes, la droite ne cèdera pas facilement la place, d'autant plus que l'extrême-droite en embuscade pèse sur les choix et la stratégie de l'équipe sortante. La droite a un besoin impérieux du Front national pour se maintenir à l'Hôtel de ville.
Au moment où nous fêterons en 2015 le cinquantième anniversaire de l'élection d'Emile Jourdan, initiateur de municipalités d'union, allons-nous lui faire le cadeau de notre désunion ou pire de notre division ?
Quelque soit le terme employé, assemblée citoyenne ou forum, il est temps, comme le disait le dernier maire de gauche à Nîmes, Alain Clay en 1995, de se retrouver, de se rassembler et de s'unir.
La société locale, comme la société d'aujourd'hui, a changé, elle est diverse, plurielle, composée d'hommes et de femmes qui ont des appartenances multiples, et qui bien souvent n'appartiennent pas à une organisation politique, un parti, mais qui ont leur mot à dire dans le devenir de leur ville.
Notre rassemblement ne peut pas être celui d'états-majors négociant entre-soi un accord politique, mais un arc-en-ciel reflétant les appartenances multiples de la population.
Un arc-en-ciel pour faire la ville autrement et ensemble.
Le vœu que formule notre groupe, c'est qu'après la pluie se lève bel et bien cet arc-en-ciel.
Catherine Bernié-Boissard