HOMMAGE A CLAUDE GUIGUE
LE 27 MARS 2009
Membre du Parti Communiste, syndicaliste cheminot, ancien combattant, médaillé militaire, porte drapeau
C'est à la demande de la famille que j'ai accepté de Prononcer ces quelques mots en souvenir de Claude GUIGUE. D'autres auraient pu le faire à ma place, et certainement mieux que moi, je pense à Jean-Paul BORE, Jean CHAULET, Marc ALMERAS qui ont eu l'occasion d'avoir de longues discussions et témoignages avec notre ami Claude.
Je tiens donc à remercier la famille de pouvoir accompagner avec vous, ici présents, le compagnon, le camarade, l'ami, pour ce dernier voyage. A vous tous ses amis, jeunes, moins jeunes, ses compagnons de luttes, de combat, ici représentés par diverses générations. Ce qui témoigne, malgré le temps que Claude ne laissait pas indifférent autour de lui.
Je ne pourrai pas, en ces instants de peine et de chagrin, relater ce travail immense de militant, de l'homme engagé très tôt dans la vie syndicale et politique qui ne quitteront jamais ses raisons de vivre au quotidien.
Rendez-vous compte, Claude allait rentrer dans sa 98ème année, ses camarades cheminots lui avaient fait la promesse de faire une grande fête pour ses 100 ans, voici encore quelques mois, lors d'un de ses passages au local des cheminots CGT de la rue Benoît Malon. La vie en a décidé autrement.
C'est à l'âge de 15 ans, alors apprenti, qu'il prit sa première carte de la CGT. Il rentra à la SNCF en 1936, au moment du Front Populaire, affecté à l'entretien, où tout naturellement, il prit sa première carte CGT en tant que cheminot, ainsi que son adhésion au Parti Communiste Français qu'il ne quitta jamais.
Le début d'un long bail, avec l'histoire, celle de notre pays où il traversera des années de bonheur, avec les luttes sociales, les acquis de 1936 et puis, les années noires, la guerre, la débâcle, la France occupée. Le premier gouvernement, avec des ministres communistes de 45 à 47, pour appliquer le programme de la Résistance, les grèves des mineurs et tant de d'autres.
Prisonnier de guerre, comme vient de nous le rappeler Monsieur Maurice GAREL pour l'ARAC, qui lui valut la médaille militaire.
Vous comprendrez donc que je ne peux pas faire rentrer tout ce long chemin, ce parcours, cette richesse d'une aussi longue existence, de vie, au service des autres, dans un espace de temps aussi réduit.
Si l'homme avait fait le choix d'engagement, pour que les autres vivent mieux, il n'aura pas délaissé la vie familiale. Marié en 1937, il aura la joie d'avoir deux filles de cette union, Claudette et Nadine, qu'il entoura beaucoup, après la disparition de leur maman en 1964.
Valeurs et humanité : je sais qu'il aura aussi beaucoup contribué par ses petits-enfants, Frédéric, Cyril, Jérôme et Ludovic à transmettre ses valeurs, savoir rester fidèle à ses convictions.
Même si la vie ne nous fait pas de cadeaux, ne pas oublier d'où l'on vient.
Certes, parfois Claude pouvait être un peu excessif. C'est vrai, mais que faire, il était comme cela, d'ailleurs c'était son charme, car il croyait à ses idées et à ce qu'il faisait. Et s'il a été affecté, au moment de l'écroulement du mur de Berlin, c'est parce qu'il avait compris celui pour lequel il se battait était en train de s'écrouler. Cela ne l'empêcha pas de poursuivre, ici à Nîmes, son combat pour la justice sociale, avec ses camarades communistes, avec Emile Jourdan et Alain Clary.
Engagé, excessif, cela lui valut d'ailleurs, au moment des élections municipales de 2002, alors qu'il distribuait des tracts avec son vélo, pour Alain Clary, candidat de la gauche, d'avoir un petit accrochage avec un candidat qui faisait division à gauche. Il était comme cela, il aimait dire sa vérité. Mais cela lui valut quelques morceaux de sparadrap.
Homme engagé, aussi dans le milieu associatif, j'ai même appris qu'il était dans une chorale et qu'il faisait le tour des maisons de retraites. Pas pour chanter, il chantait faux, disait-il, non, pour faire rire, comme au théâtre. A 88 ans, il faisait encore l'arbre droit. Claudette et Nadine ont encore une photo, où sur la place Rouge, en Russie (ex URSS), il faisait l'arbre droit devant un bus. Toujours jeune dans sa tête, c'était une autre de ses qualités.
Je crois que si nous devons garder une image, un souvenir de Claude, pour ceux qui t'ont beaucoup plus rencontré avec ton vélo qui ne te quittait pas, lors de cérémonies pour le 11 novembre, de Jean ROBERT et Vincent FAÏTA, pour la mémoire des pendus de Nîmes, pour Jean CHAUVET et Aimé JACQUEROT, ou encore Pierre SEMARD au dépôt de Courbessac, avec ses camarades et amis cheminots, accompagné, dans la dernière période, par sa fille ou un de ses petits enfants. C'est cette image de fierté qu'il avait de porter son drapeau, le drapeau de la mémoire, celui qu'il faut porter pour le transmettre aux autres générations pour que personne n'oublie. Je ne sais combien de fois nous avons entendu avec lui le chant des partisans, mais ses paroles de Joseph KESSEL et Maurice DRUON, où les valeurs de résistance, de liberté, de sacrifice, nous donnent des frissons, parce qu'elles nous rappellent les souffrances de ceux qui ont laissé leur vie pour les libertés. Nous poursuivrons ta tâche.
A vous, Claudette, Nadine, Frédéric, Cyril, Jérôme, Ludovic, Robert, petits-enfants, neveux et nièces, parents alliés et amis, que ces quelques phrases puissent vous apporter un peu de réconfort, même si elles vous paraissent dérisoires en ces instants douloureux, mais sachez que vous pouvez être fier d'avoir eu un père, un grand-père qui vous aura fait honneur. Sachez que les communistes et les élus(es) communistes nîmois(es), Catherine BERNIE-BOISSARD, Sylvette FAYET, Alain CLARY, Jean-Paul BORE et moi-même, nous nous associons très affectueusement à votre chagrin.